« Je » (suis) un poète contemporain vient de naître comme série. En voilà la teneur, la raison, ou plutôt l’envie profonde.
Je est un autre enfoncé dans la vase du présent. Les mots exorcisent sa peur, son affaissement. Poète, pourquoi, comment ?… La question est mal posée par la prêtrise d’une rationalité en faillite. Dos aux mur. Contemporain, je suis là, je vois, je vis comme je meurs. Je cueille des fleurs fanées, je cultive des arbres de plastique avec soin.
/image%2F0653421%2F20250510%2Fob_fc4286_comete-singuliere-universelle.jpg)
je suis un poète contemporain plombé de chimères clignotantes
attendu par les vers
mon être spirituel fera-t-il encore des mots pour leur stomacale obstination ?
je suis le poète de la vanité compressée en esquisses timides de vérité
je n’entends plus les questions je suis la question qui pourrait écouter si pas
trop de défaites
trop de lendemains
trop de désirs ajournés
trop de joies écrasées
des morts des vivants des semi-vrais de vrais habiles et des salopards en costumes
trop vu
trop pris pour
trop délaissé
trop aimé
trop abandonné
trop traître et je confesse au blanc sans remords au final
au final toujours dans l’herbe la nuit à côté des étoiles je tourne car je suis enfant qui déjà se lève dans le vent
questions/réponses et vain et vin quand ça va veut pas
devant moi à l’intérieur au plafond de mes fétiches cette chose dont on ne dit plus mot
qui n’est pas l’objet de la poésie il paraît
dans les maisons et dans les académies et toutes les instituantes institutions
il est là le peuple toujours
devant moi comme un miroir
je suis un être seul parmi ses semblables
le centre qui faisait peuple devient introuvable
cette lance impitoyable me traverse
dans les rayons labyrinthes je marche
sans idée de but ni de fin
une hideuse musique machine débride sans cesse son réservoir de néant
piétinera même ces instants où vient le silence de la rumeur dehors et dedans
le silence où s’éteint
ou commence quelque chose comme l’intarissable obstination du vivant