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Alain Lasverne.

Alain Lasverne.

petits pas, obstinations diverses


Recyclage

Publié par alainLasverne sur 10 Mai 2025, 11:25am

« Je » (suis) un poète contemporain vient de naître comme série. En voilà la teneur, la raison, ou plutôt l’envie profonde.
Je est un autre enfoncé dans la vase du présent. Les mots exorcisent sa peur, son affaissement. Poète, pourquoi, comment ?… La question est mal posée par la prêtrise d’une rationalité en faillite. Dos aux mur. Contemporain, je suis là, je vois, je vis comme je meurs. Je cueille des fleurs fanées, je cultive des arbres de plastique avec soin.

je suis un poète contemporain plombé de chimères clignotantes

attendu par les vers

mon être spirituel fera-t-il encore des mots pour leur stomacale obstination ?

je suis le poète de la vanité compressée en esquisses timides de vérité

je n’entends plus les questions je suis la question qui pourrait écouter si pas

trop de défaites

trop de lendemains

trop de désirs ajournés

trop de joies écrasées

des morts des vivants des semi-vrais de vrais habiles et des salopards en costumes

trop vu

trop pris pour

trop délaissé

trop aimé

trop abandonné

trop traître et je confesse au blanc sans remords au final

au final toujours dans l’herbe la nuit à côté des étoiles je tourne car je suis enfant qui déjà se lève dans le vent

questions/réponses et vain et vin quand ça va veut pas

devant moi à l’intérieur au plafond de mes fétiches cette chose dont on ne dit plus mot

qui n’est pas l’objet de la poésie il paraît

dans les maisons et dans les académies et toutes les instituantes institutions

il est là le peuple toujours

devant moi comme un miroir

je suis un être seul parmi ses semblables

le centre qui faisait peuple devient introuvable

cette lance impitoyable me traverse

dans les rayons labyrinthes je marche

sans idée de but ni de fin

une hideuse musique machine débride sans cesse son réservoir de néant

piétinera même ces instants où vient le silence de la rumeur dehors et dedans

le silence où s’éteint

ou commence quelque chose comme l’intarissable obstination du vivant

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