« Je » (suis) un poète contemporain vient de naître comme série. En voilà la teneur, la raison, ou plutôt l’envie profonde.
Je est un autre enfoncé dans la vase du présent. Les mots exorcisent sa peur, son affaissement. Poète, pourquoi, comment ?… La question est mal posée par la prêtrise d’une rationalité en faillite. Dos aux mur. Contemporain, je suis là, je vois, je vis comme je meurs. Je cueille des fleurs fanées, je cultive des arbres de plastique avec soin.
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je suis un poète contemporain
donnez-moi une livre de liberté
pour gommer un gros désespoir
et des masses de gens massacrés
donnez-moi un filet d’humanité
pour écrouler un tas de guerres sans nom
empilées sur des guerres perdues
enterrées aux côtés de soldats inconnus
donnez-moi un grand verre d’alcool
pour noyer l’avenir dévitalisé
pour désactiver tous les robots-tueurs à micro-cravate
au nom au souvenir
d’un poète contemporain d’une mélancolie certaine